Des années passées à élever vos enfants peuvent vous avoir ouvert des trimestres de retraite, sans le moindre salaire. La CAF cotise parfois à votre place. Reste à le repérer sur votre relevé de carrière, et à le faire corriger si ça manque.
Le Journal des Seniors a raconté le cas d’une mère qui a quitté son emploi en 1988 pour s’occuper de ses deux enfants. Plusieurs décennies plus tard, elle découvre que des cotisations avaient été versées en son nom pendant ces années-là.
Le mécanisme s’appelle l’assurance vieillesse des parents au foyer, l’AVPF. Il existe depuis longtemps, mais il ne laisse pas toujours de trace visible. Beaucoup de parents ne le découvrent qu’au moment de liquider leur pension.
Ce que la CAF cotise à votre place
L’AVPF vise les parents qui ont interrompu ou réduit leur activité professionnelle pour élever leurs enfants. Sous conditions de ressources et de prestations familiales perçues, la CAF finance des cotisations retraite à leur nom, même en l’absence de tout salaire.
Le dispositif peut valider jusqu’à quatre trimestres par an. Il s’applique aux femmes depuis juillet 1972 et aux hommes depuis juillet 1979. Retrouvez notre article sur la prime d’activité est l’une des aides les moins demandées, et la CAF a simplifié ce qui décourageait les foyers.
Selon Le Journal des Seniors, l’assiette forfaitaire mensuelle s’établirait en 2026 à 2 031,36 euros, pour un taux de cotisation de 17,96 %, soit environ 364,83 euros versés chaque mois à la caisse de retraite. Cette somme finance des droits pour la retraite de base du parent, sans jamais transiter par son compte bancaire. L’AVPF n’ouvre en revanche aucun point de retraite complémentaire Agirc-Arrco.
Pourquoi des années peuvent manquer sur le relevé
Le droit à l’AVPF ne s’affiche pas automatiquement. Dans les années 1980 et 1990, les transmissions entre organismes pouvaient échouer, et des périodes pourtant éligibles se retrouvaient absentes des comptes.
Résultat : un parent peut avoir élevé ses enfants, touché des prestations familiales, et voir ces années disparaître du calcul de sa pension. Retrouver ces trimestres modifie le nombre de trimestres retenus, donc le montant final.
Le même écueil touche les aidants, avec un dispositif voisin, l’assurance vieillesse des aidants (AVA). Lui non plus n’est pas octroyé d’office : les mois ne comptent que si le droit est demandé et vérifié, rappelle Le Journal des Seniors.
Deux documents à rapprocher, puis une régularisation
La vérification tient dans une comparaison. D’un côté, votre relevé de carrière, disponible sur Info Retraite ou sur le site de l’Assurance retraite. De l’autre, vos attestations de prestations familiales et les périodes AVPF enregistrées par la CAF.
Commencez par lister les années où vous avez élevé vos enfants sans travailler. Repérez ensuite les périodes enregistrées au titre de l’AVPF, puis comparez-les avec les prestations perçues à l’époque. Si des périodes manquent, rassemblez vos attestations CAF et demandez une régularisation à votre caisse de retraite.
En cas d’anomalie, la CAF peut fournir les justificatifs, et la caisse de retraite examine la demande de correction. Les trimestres reconnus sont alors intégrés au calcul de la pension, selon les droits réellement acquis. Retrouvez également notre article sur la CAF et retraite Agirc-Arrco : les deux dates à retenir, sans confondre versement et arrivée sur le compte.
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