La hausse de CSG n’arrive qu’après deux années au-dessus du seuil : ce qu’il faut surveiller sur votre avis d’impôt avant la bascule

La hausse de CSG n’intervient que si votre revenu fiscal de référence dépasse un seuil deux années de suite, et deux lignes de votre avis d’impôt suffisent pour anticiper la bascule.

Le taux de CSG prélevé sur une pension dépend du revenu fiscal de référence du foyer, comparé à des seuils revalorisés chaque année. Pour une personne seule, deux seuils entrent en jeu : 17 057 € font passer le taux de 3,8 % à 6,6 %, et 26 471 € le fait monter à 8,3 %. Sur une pension de 1 460 € brut par mois, l’écart entre ces deux extrêmes atteint 70 € par mois.

Le piège est le décalage. Le taux de 2026 repose sur les revenus de 2024, déclarés au printemps 2025. Votre situation peut donc avoir changé sans que votre taux actuel le reflète encore, ce qui rend la lecture de l’avis d’impôt précieuse.

Deux seuils, pas un : comment votre taux est fixé

Aucun seuil unique ne fait basculer directement de 3,8 % à 8,3 %. Le barème 2026 compte trois bornes pour une part fiscale. Jusqu’à 13 048 € : aucune CSG, ni CRDS, ni Casa. De 13 049 € à 17 057 € : taux réduit de 3,8 %. De 17 058 € à 26 471 € : taux médian de 6,6 %. À partir de 26 472 € : taux normal de 8,3 %.

Ces bornes montent avec le nombre de parts : chaque demi-part les relève de 3 484 €, 4 555 € et 7 066 €, des montants relevés de 1,8 % au 1ᵉʳ janvier, au rythme des prix.

Le franchissement d’un seuil s’applique à toute la pension, pas au seul euro qui dépasse. Un euro de revenu fiscal au-delà de 17 057 € coûte ainsi 45,26 € par mois sur une pension de 1 460 € brut.

La CSG n’arrive jamais seule. Elle s’ajoute à la CRDS de 0,5 %, et, aux deux taux les plus élevés, à la Casa de 0,3 %. Entre la première ligne taxée et la dernière, l’écart total atteint 4,8 points, soit 70,08 € chaque mois sur 1 460 € brut. Retrouvez notre article sur la hausse de la CSG des retraités en 2027 : ce qui est seulement envisagé et les quatre taux appliqués aujourd’hui.

Une partie de la CSG se rattrape sur l’impôt : les 3,8 % du taux réduit sont déductibles en totalité, et 5,9 points sur les 8,3 % du taux normal. Ce taux normal de 8,3 % est en place depuis 2018, quand la loi de financement de la Sécurité sociale a relevé la CSG de 1,7 point (Le Figaro, 2018).

La règle des deux années, le vrai déclencheur

Un seul dépassement ne suffit pas. La hausse du taux n’intervient que si le revenu fiscal franchit le seuil deux années de suite.

Le revenu fiscal de référence n’a rien de figé. Il bouge avec une pension de réversion, une vente de titres, des loyers ou la fin d’un emploi cumulé avec la retraite.

Deux retraités qui touchent exactement la même pension peuvent donc se retrouver aux deux extrémités du barème. Une retraitée seule avec environ 15 200 € de revenu fiscal reste au taux réduit. La même, mariée à un conjoint qui gagne 2 800 € brut, dépasse 43 000 € pour deux parts et passe à 8,3 %.

Le décalage rend la bascule moins prévisible qu’il n’y paraît. Les seuils ont été relevés de 1,8 % au 1ᵉʳ janvier, mais les pensions prises en compte ont augmenté de 5,3 % en 2024, comme l’a relevé RMC. Un foyer peut donc franchir un seuil alors même que les bornes montent.

Une hausse de revenu ponctuelle, comme une vente de biens ou un gros rachat de placement, se prévoit mieux sur deux années. Étaler une opération peut éviter un second dépassement consécutif, et donc la hausse du taux.

Ce qu’il faut vérifier sur votre avis d’impôt

Le taux de l’année se lit sur deux documents que tout retraité reçoit déjà. Les rapprocher suffit à savoir si la bascule approche.

Commencez par relever le revenu fiscal de référence en première page de l’avis d’impôt, celui de 2025 pour le taux de 2026. Notez le nombre de parts du foyer, sur le même avis, puis comparez aux trois bornes du barème, relevées de la demi-part si besoin.

Contrôlez enfin le relevé de la caisse de retraite : la CSG y figure en ligne séparée, avec son taux. Un écart doit être signalé à la caisse, qui applique le revenu transmis par l’administration fiscale.

Cette lecture permet d’anticiper, pas de garantir un taux futur. Les bornes sont revalorisées chaque année et dépendent du nombre de parts. Elle ne remplace ni la lecture du relevé de caisse, ni un signalement à la caisse en cas d’erreur. Retrouvez également notre article sur la hausse de CSG sur les arrêts maladie : ce que les 3 points en projet retireraient par jour indemnisé, jusqu’à 1,29 €.

La réponse est donc simple : votre taux de CSG ne bouge qu’après deux années au-dessus du seuil, et le revenu fiscal de référence de votre avis d’impôt vous dit où vous en êtes avec deux ans d’avance sur la bascule. Pour un foyer qui passe de 3,8 % à 8,3 %, l’enjeu atteint 841 € par an sur une seule pension de 1 460 € brut.

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