L’âge légal de la retraite est à 64 ans, mais pour équilibrer le système il faudrait monter à 65,8 ans en 2045 et 67,6 ans en 2070

L’âge légal de départ à la retraite est fixé à 64 ans par la réforme Borne. Pour autant, si l’on voulait équilibrer le système en jouant uniquement sur l’âge de départ, les projections du Conseil d’orientation des retraites imposeraient d’atteindre 65,8 ans en 2045, puis 67,6 ans en 2070.

À moins d’un an de la présidentielle de 2027, la réforme des retraites revient au centre du débat. La question n’est plus de savoir s’il faut réformer, mais jusqu’où : l’âge légal de 64 ans sera-t-il suffisant, ou faudra-t-il repousser encore l’âge de départ ?

Pour situer les enjeux, la Drees a confirmé une pension moyenne de 1 705 euros bruts par mois pour les retraités français en 2024. Un niveau à mettre en regard d’un déficit projeté à 32 milliards d’euros en 2045, qui pourrait atteindre 92 milliards en 2070, selon la note de Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, et Gilbert Cette, président du COR.

Un déficit démographique qui rend le statu quo intenable

Le déséquilibre est d’abord démographique. La France compte aujourd’hui environ 1,7 actif pour financer la pension d’un retraité, contre 2,8 il y a quarante ans.

Conséquence directe : même appliquée intégralement, la réforme Borne ne suffira pas à rétablir l’équilibre. Le diagnostic porté par Clément Beaune et Gilbert Cette est clair : le report de l’âge légal à 64 ans a été pensé comme une étape, pas comme une solution définitive. Découvrez notre article sur la retraite : Voici l’âge auquel les Français souhaitent arrêter de travailler.

65,8 ans en 2045, 67,6 ans en 2070 : des projections, pas des décisions

Selon les projections du COR, garantir l’équilibre en jouant uniquement sur l’âge de départ imposerait d’atteindre 65,8 ans en 2045, puis 67,6 ans en 2070. La condition est essentielle : ce scénario suppose que l’âge reste le seul levier mobilisé.

Aucune date d’application n’est fixée pour ces âges. Ils décrivent un horizon possible pour les actifs, pas une règle adoptée. Un actif peut donc les lire comme une trajectoire à surveiller, non comme une promesse ferme.

Les alternatives à un simple report de l’âge

L’âge n’est pas le seul curseur. Pour sortir des réformes successives et conflictuelles, l’idée d’un mécanisme automatique gagne du terrain : l’âge de référence et la durée de cotisation évolueraient selon des critères démographiques, calculés par un organisme indépendant.

Une autre piste, le « contrat social de fin de carrière », se résume par la formule « travailler plus tard, travailler moins fort ». Le modèle néerlandais « 80-90-100 » est cité en exemple : travailler 80 % de son temps en percevant 90 % de son salaire, tout en conservant 100 % de ses droits à la retraite.

Enfin, la capitalisation n’est plus un tabou. Un sondage Odoxa pour Challenges indique que 77 % des personnes interrogées se disent favorables à un système intégrant au moins une dose de capitalisation, une évolution qui touche jusqu’aux sympathisants de gauche.

Ces scénarios se croisent. Les projections du COR montrent surtout le prix à payer si l’âge de départ restait le seul levier actionné. Retrouvez également notre article sur la retraite : la pension moyenne s’affiche à 1 705 euros bruts par mois, mais c’est un peu plus de 1 550 euros nets qui arrivent réellement sur le compte.

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