Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit une dérogation exceptionnelle aux règles habituelles de revalorisation des retraites. Présenté le 1er octobre, il distingue les pensions selon leur montant total perçu au 31 décembre 2026.
Sous 1 260 euros, l’indexation sur l’inflation serait préservée. Au-delà, le taux pourrait être inférieur à l’inflation, voire nul. La date de référence ne bouge pas : c’est le cumul de pensions au 31 décembre 2026 qui détermine votre catégorie.
Un cumul de pensions figé au 31 décembre 2026
Le PLFSS 2027 fixe la revalorisation selon le montant mensuel total, au 31 décembre 2026, des pensions de vieillesse de droit direct et dérivé versées par les régimes légalement obligatoires, avec leurs majorations, accessoires et suppléments.
En clair, il ne suffit pas de regarder la retraite de base affichée sur un relevé. C’est le cumul de toutes les pensions entrant dans le champ du dispositif qui détermine la catégorie. Si votre situation change début 2027, cela ne modifiera pas le classement : la photographie est prise au 31 décembre 2026. Retrouvez notre article sur la désindexation des pensions et abattement raboté : ce que le budget 2027 prépare pour les retraités.
Brut ou net : pourquoi le brut tient la corde
Le texte ne tranche pas encore explicitement la question. Plusieurs éléments poussent pourtant vers une lecture en brut.
Deux retraités au même montant brut peuvent percevoir des sommes différentes après prélèvements sociaux, car le niveau de CSG dépend de la situation fiscale et du revenu fiscal de référence. Un seuil exprimé en net produirait des classements différents pour des pensions identiques avant prélèvements. Les projections autour de la réforme ont donc privilégié le brut.
Le brut ne signifie pas pour autant que toute la pension serait gelée. Les seuils déterminent le niveau de revalorisation, mais la modulation porte sur les pensions de base. Les complémentaires obéissent à leurs propres règles. Le texte prévoit en outre que les coefficients ne pourront pas être inférieurs à 1 : aucune baisse nominale de pension n’est prévue.
Vérifiez votre cumul avant la fin 2026
En dessous de 1 260 euros, le projet préserve le coefficient de revalorisation prévu par le Code de la Sécurité sociale, soit une hausse d’environ 1,7 % en janvier 2027 sous réserve de l’inflation retenue. Entre 1 260 et 2 034 euros, la hausse serait ralentie, avec plusieurs paliers intermédiaires. Au-delà de 2 034 euros, le gel reste l’hypothèse la plus surveillée.
Où se situe la moyenne ? La Drees a établi une pension moyenne de 1 705 euros bruts par mois en 2024. Ce niveau place la majorité des retraités dans la tranche intermédiaire, celle où la revalorisation pourrait être réduite.
Le parcours parlementaire décidera des contours définitifs. Le PLFSS doit encore être adopté, et une marge de décision réglementaire subsiste. Raison de plus pour additionner ses pensions maintenant : c’est le total du 31 décembre 2026 qui compte. Retrouvez aussi notre article sur les petites retraites protégées, pensions plus élevées désindexées : le barème envisagé pour 2027.
En tant que jeune média indépendant, CESdeFrance a besoin de votre aide. Soutenez-nous en nous suivant et en nous ajoutant à vos favoris sur Google News. Merci !

