Le projet de budget 2027 prévoit de freiner la revalorisation des pensions supérieures à 1 260 euros et de raboter le plafond de l’abattement fiscal des retraités, de 4 439 à 3 000 euros.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté le 1ᵉʳ octobre le dernier projet de budget avant l’élection présidentielle, un « budget de redressement » selon ses termes. Après avoir longtemps envisagé une trentaine de milliards d’euros d’économies, Matignon a finalement durci son objectif pour viser 54 milliards, rapporte Le Parisien. Sur cette somme, 45 milliards seraient des « efforts nouveaux », a précisé le ministre des Comptes publics David Amiel.
Les retraités figurent parmi les premiers mis à contribution. Le gouvernement veut « diviser quasiment par deux » le déficit de la Sécurité sociale et le ramener à « 12 ou 13 milliards » d’euros en 2027, a fait savoir le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou. Deux leviers les concernent directement : la pension, puis l’impôt.
La pension : désindexation ou sous-indexation au-dessus de 1 260 euros
Pour freiner la « progression mécanique » des dépenses de retraite, l’exécutif vise 5,5 milliards d’euros d’économies. L’essentiel, soit 4,1 milliards d’euros, passerait par une désindexation ou une sous-indexation des pensions supérieures à 1 260 euros, selon les chiffres avancés par Bercy.
Deux options coexistent dans le projet, sans que l’une soit tranchée : ne plus revaloriser ces pensions, ou les revaloriser moins vite que l’inflation. Les pensions égales ou inférieures à 1 260 euros ne seraient pas concernées par cette mesure. Retrouvez notre article sur votre pension dépasse le plafond de 12 793 € ? Vous pouvez quand même être exonéré de taxe foncière, voici pourquoi.
L’impôt : un plafond d’abattement ramené de 4 439 à 3 000 euros
Le second levier touche l’impôt sur le revenu. Le plafond de l’abattement de 10 % dont bénéficient les retraités serait abaissé de 4 439 à 3 000 euros. Le taux de 10 % lui-même ne changerait pas : c’est uniquement le plafond de cet avantage fiscal qui serait raboté.
Cette baisse réduit mécaniquement l’abattement maximal possible. Le projet ne détaille en revanche aucun montant de perte par foyer, impossible donc de chiffrer l’effet individuel de la mesure.
Un projet « réversible » qui n’est pas encore voté
Ces deux mesures demeurent des propositions. Sébastien Lecornu a rappelé que le budget comporte des mesures « pour beaucoup, réversibles par la nouvelle majorité qui sortira des urnes » après la présidentielle du printemps prochain.
Ce tour de vis s’inscrit dans une trajectoire déjà engagée : un premier exercice de revues de dépenses pour la période 2023-2027 avait déjà été mené au premier semestre 2023, selon Legifrance.
Le texte va être débattu au Parlement, et le sort de la désindexation comme celui de l’abattement dépendra de la version finalement adoptée. Retrouvez aussi notre article sur les petites retraites protégées, pensions plus élevées désindexées : le barème envisagé pour 2027.
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