Après cinq mois à 1,5 %, le Livret A s’apprête à remonter cet été, tout comme le LEP qui devrait atteindre 2,8 %. Pour les 58 millions de détenteurs du Livret A et les épargnants modestes du LEP, cette revalorisation représente une amélioration concrète du pouvoir d’achat de leur épargne. Mais quels seront exactement ces nouveaux taux, et surtout, combien cela vous rapportera-t-il réellement ?
Livret A et LEP : la hausse confirmée, les chiffres à préciser
Roland Lescure, ministre de l’Économie, l’a confirmé le 30 juin dans La Provence et sur BFM TV : « Le taux du Livret A sera orienté à la hausse sur proposition du gouverneur de la Banque de France. » Les chiffres précis seront connus avant le 15 juillet.
Le ministre a précisé sur BFM TV : « On est en train de finaliser les calculs. » Les chiffres précis seront connus avant le 15 juillet.
Le Livret A est actuellement rémunéré à 1,5 % depuis le 1er février 2026, en baisse par rapport aux 1,7 % qui prévalaient auparavant. Le LEP, lui, est à 2,5 % depuis cette même date. Son taux est structurellement plus élevé : la loi interdit qu’il soit inférieur à l’inflation, ce qui le place mécaniquement au-dessus du Livret A. Découvrez notre article sur le Livret A, LEP, LDDS : 3 scénarios pour le 1ᵉʳ août — lequel est le plus probable ?
Deux scénarios pour le Livret A : 1,8 % ou 1,9 % ?
La formule réglementée du Livret A repose sur deux variables : la moyenne semestrielle du taux €STR — autour de 1,97 % sur le 1ᵉʳ semestre 2026, et l’inflation hors tabac mesurée par l’INSEE. En mai 2026, cette inflation atteignait 2,4 % sur un an ; l’estimation provisoire de juin, publiée le 30 juin, la ramène à 1,8 %, signe d’un net ralentissement lié à la détente des prix de l’énergie.
L’application stricte de cette formule pointe vers un taux de 1,70 % à 1,80 %. La Caisse des Dépôts anticipe un passage dans cette fourchette au 1ᵉʳ août 2026.
Un second scénario existe : 1,9 %, si le gouvernement décide d’un coup de pouce au-delà du calcul automatique, ce qu’il a déjà pratiqué par le passé, mais que les sources spécialisées jugent peu probable en juillet 2026.
Mais l’économiste Philippe Crevel, spécialiste de l’épargne réglementée, tempère cette hypothèse : « Le gouvernement ne devrait pas effectuer de coup de pouce sur le taux du Livret A car il entend également ne pas pénaliser la consommation qui est un des moteurs clés de la croissance. »
Un coup de pouce à 1,9 % coûterait davantage aux banques et à la Caisse des dépôts, qui centralise 60 % des ressources du Livret A pour financer notamment les bailleurs sociaux. L’argument budgétaire plaide clairement pour le scénario bas.
Combien vous rapportera cette hausse ? Le LEP, meilleur placement pour les revenus modestes
Pour le Livret A, les gains restent limités. Un épargnant dont le livret est au plafond de 22 950 euros gagnerait environ 28 euros supplémentaires sur la fin d’année 2026 avec une hausse à 1,80 % (simulation MoneyVox, juillet 2026). Ce n’est pas négligeable, mais ce n’est pas non plus de quoi changer une trajectoire patrimoniale.
Le LDDS suivra mécaniquement la même revalorisation, son taux étant indexé sur celui du Livret A.
Le vrai gagnant de cette révision estivale, c’est le LEP. Attendu à 2,8 % selon le scénario le plus probable, voire 3 % en cas de coup de pouce gouvernemental, il offrirait une rémunération quasi-double du Livret A pour un plafond de dépôt de 10 000 euros. À 2,8 %, cela représente 280 euros nets annuels pour un LEP plein, contre 413 euros pour un Livret A au plafond à 1,80 %, mais sur une mise 2,3 fois supérieure.
Le LEP reste réservé aux ménages sous conditions de ressources : en 2026, le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser 23 028 euros pour une personne seule (35 329 euros pour un couple). Pour ceux qui y sont éligibles, le rapport rendement/accessibilité est sans équivalent dans l’épargne réglementée.
À titre de comparaison, les fonds en euros de l’assurance-vie ont affiché un rendement moyen de 2,65 % en 2025 (ACPR). Un LEP à 2,8 % s’en approcherait, avec en prime la liquidité immédiate, la garantie du capital et l’exonération totale de fiscalité, sans les contraintes de durée de l’assurance-vie. Retrouvez aussi notre article sur le Livret A : une remontée du taux « aux alentours de 1,8 % » au 1er août ce que ça change pour votre épargne.
Pour la majorité des épargnants, les gains restent limités : 28 euros supplémentaires en fin d’année pour un Livret A au plafond. Le véritable enjeu se situe ailleurs : le LEP devient le placement de référence pour les ménages modestes, offrant une rémunération quasi-double du Livret A. Êtes-vous éligible au LEP, et avez-vous actuellement des fonds disponibles pour en profiter dès le 1ᵉʳ août ?
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