Marié, pacsé, divorcé, remarié : selon votre statut, vous pouvez percevoir – ou perdre – la pension de réversion. Voici les règles précises pour ne pas passer à côté de vos droits.
Ce qu’il faut savoir d’abord : pas de mariage, pas de réversion
La pension de réversion permet au conjoint survivant de toucher jusqu’à 54 % de la retraite de base du défunt. Mais ce droit est strictement réservé aux personnes mariées.
PACS, concubinage, union libre :
Aucun droit, même après 20 ou 30 ans de vie commune.
« S’il n’y a pas de mariage, il n’y a pas de retraite de réversion », résume Émilie Touyeras (Carsat Nouvelle-Aquitaine), dans une interview sur France Bleu.
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Les conditions exactes pour toucher une pension de réversion
Pour bénéficier de la pension de réversion dans le régime général (CNAV / Carsat), il faut réunir ces trois critères :
- Avoir au moins 55 ans
- Avoir été marié(e) avec le défunt (le PACS ne suffit pas)
- Ne pas dépasser un plafond de ressources :
- 2 059,20 € / mois pour une personne seule
- 3 294 € / mois pour un couple
Exemple :
Si vous avez droit à une réversion de 500 €, mais que vos ressources dépassent le plafond, vous ne toucherez que 206 €.
L’erreur à ne pas faire : oublier de faire la demande
La pension de réversion n’est jamais versée automatiquement.
Elle doit être demandée activement, en ligne sur lassuranceretraite.fr ou en vous faisant aider par un espace France Services.
Bon à savoir : en indiquant simplement le numéro de Sécurité sociale du défunt, votre demande est transmise automatiquement à tous les régimes concernés.
Divorce, remariage, plusieurs mariages : les cas complexes
Contrairement à une idée reçue, un divorce ne supprime pas votre droit à la pension de réversion.
- Ex-conjoint(e) marié(e) : vous pouvez y prétendre, même si le défunt s’est remarié.
- Si plusieurs mariages : la pension est partagée au prorata de la durée de chaque union.
- Remariage : dans les régimes Agirc-Arrco (complémentaire), cela annule le droit à réversion.
Dans le régime général, le droit peut être maintenu si vos revenus restent en dessous des plafonds.
À retenir : si l’un des ex-conjoints bénéficiaires décède, sa part est redistribuée aux autres encore en vie.
Une réforme à l’étude pour étendre la réversion aux pacsés
Aujourd’hui, plus de 4 millions de retraités touchent une pension de réversion… mais aucun pacsé.
Une proposition de loi transpartisane veut élargir ce droit aux partenaires de PACS.
Mot d’ordre :
« Même amour, mêmes droits »
Le projet prévoit :
- Une ouverture du droit non rétroactive
- Une répartition au prorata des durées d’unions, en cas de plusieurs relations
- Une extension possible à certains fonctionnaires
Mais le sujet divise. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) estime l’extension légitime, mais alerte :
« Cela pourrait faire baisser les pensions de réversion actuelles, sauf à compenser financièrement. »
Ce qu’il faut retenir pour 2026
| Situation conjugale | Droit à la réversion ? | Détails |
|---|---|---|
| Marié(e) | ✅ Oui | Sous conditions d’âge et de ressources |
| Pacsé(e) | ❌ Non | Aucun droit, même après 30 ans |
| Concubin(e) | ❌ Non | Pas reconnu par le système |
| Divorcé(e) | ✅ Oui | Partage de la pension possible |
| Remarié(e) | ✅ ou ❌ | Selon le régime concerné |
Et vous, pensez-vous que les pacsés devraient avoir les mêmes droits que les mariés ? Dites-le en commentaire.
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