Pension complémentaire : les syndicats ne réclament pas seulement une hausse, mais aussi un rattrapage

La bataille autour des pensions complémentaires porte sur deux sommes distinctes : la prochaine revalorisation et la compensation de l’année 2025 passée sans hausse.

Les discussions sur les pensions Agirc-Arrco ont repris au début de septembre 2026. Elles concernent les anciens salariés du privé, soit environ 14 millions de retraités d’après Notre Temps.

Aucune augmentation n’est acquise à ce stade. Les partenaires sociaux doivent encore s’accorder sur la revalorisation à venir, mais les syndicats ajoutent désormais une seconde revendication : réparer au moins en partie l’absence de hausse intervenue en 2025.

Une revalorisation pour empêcher une nouvelle année blanche

La première demande concerne l’évolution normale de la pension complémentaire. Les syndicats souhaitent que son montant progresse afin de suivre la hausse des prix et de préserver le pouvoir d’achat des retraités.

La valeur de service du point Agirc-Arrco est fixée à 1,4386 euros. Elle n’a pas été relevée le 1ᵉʳ novembre 2025, après l’échec des discussions entre les représentants des salariés et ceux des employeurs. Cette valeur chiffrée est notamment rapportée par La Provence.

Une nouvelle absence d’accord provoquerait donc une deuxième échéance sans augmentation. Pour les retraités concernés, l’enjeu ne se limite pas à un débat de gouvernance : la valeur du point détermine directement le montant de la pension complémentaire versée. Découvrez notre article sur la hausse, le rattrapage ou le nouveau gel : les trois scénarios qui attendent les retraités du privé.

Le rattrapage vise la hausse perdue en 2025

La seconde demande syndicale porte sur la période déjà écoulée. Une revalorisation décidée pour la prochaine échéance ferait progresser les pensions à partir de cette date, sans compenser automatiquement les mois pendant lesquels leur montant est resté inchangé.

Marylise Léon demande ainsi de tenir compte du fait qu’il y a eu « zéro » hausse et réclame « une forme de rattrapage », dans des propos publiés par Le Monde le 4 septembre 2026. La revendication peut être partielle, mais son taux et ses modalités ne sont pas encore définis.

La responsable syndicale estime que l’Agirc-Arrco dispose des moyens nécessaires. Les réserves du régime sont évaluées à environ 90 milliards d’euros dans les informations disponibles. Ce niveau sert d’argument au front syndical, qui refuse que la solidité financière du régime s’accompagne d’une perte durable de pouvoir d’achat pour les retraités.

Marylise Léon occupe une place centrale dans cette négociation. Les Rencontres Économiques la présentent comme secrétaire générale de la CFDT depuis juin 2022. Sa demande distingue clairement la hausse future du rattrapage réclamé au titre de l’année blanche.

Le patronat refuse encore de promettre les deux mesures

Les employeurs ne se sont engagés sur aucun des deux volets. Patrick Martin, président du Medef, a déclaré qu’« aucun engagement n’a été pris pour une revalorisation pour 2027 ou sur un rattrapage pour 2026 ». Le patronat attend notamment les données d’inflation avant de fixer sa position.

Le calendrier doit permettre de trancher avant la prochaine échéance de revalorisation. Une réunion est annoncée le 23 septembre 2026, puis une rencontre présentée comme conclusive doit se tenir le 14 octobre. Éric Chevée, représentant des Entrepreneurs, juge encore possible la recherche d’un accord entre les partenaires sociaux.

Les retraités doivent donc distinguer une revendication d’une décision applicable. Aucun pourcentage de hausse, montant de rattrapage ou calendrier de versement n’est validé. Le résultat des négociations devra préciser si l’accord couvre uniquement la prochaine revalorisation ou s’il compense aussi une partie de l’année sans hausse. Retrouvez aussi notre article sur le vrai piège du budget 2027 : protéger certaines dépenses oblige le gouvernement à chercher les économies ailleurs.

Cette distinction forme le cœur du bras de fer : les syndicats veulent empêcher une nouvelle année blanche tout en récupérant une fraction du pouvoir d’achat perdu depuis l’échec de 2025. Une simple revalorisation ne répondrait qu’au premier objectif.

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