Le gouvernement prépare la suppression de l’avantage fiscal du PER après 70 ans. Une décision qui risque de bouleverser les stratégies patrimoniales des retraités les plus aisés. Longtemps considéré comme un outil de transmission discret et efficace, le Plan Épargne Retraite (PER) pourrait perdre son principal atout après 70 ans. En 2026, le gouvernement envisage de revoir les règles fiscales, jugées trop favorables à certains contribuables. À travers cette réforme, c’est tout un équilibre patrimonial qui se trouve menacé. Décryptage d’une évolution qui pourrait redéfinir les choix d’épargne des seniors dans les mois à venir.
Un mécanisme post-70 ans jugé trop avantageux
Actuellement, les versements réalisés après 70 ans sur un PER offrent une exonération totale des plus-values en cas de succession, avec un abattement de 30 500 € sur le capital versé. Cette règle permet aux épargnants aisés de transmettre des montants importants en contournant partiellement les droits de succession. Bien que ces versements ne soient plus déductibles fiscalement, leur intérêt successoral en fait un levier prisé dans les stratégies de transmission à forte valeur.
Une réforme motivée par la recherche de recettes
Le ministère de l’Économie juge ce dispositif inefficace et inéquitable. Selon ses chiffres, une minorité de seniors très aisés en tirerait un profit disproportionné. Face à un besoin budgétaire estimé à 2,5 milliards d’euros, le gouvernement veut mettre fin à ce qu’il qualifie d’optimisation fiscale élitiste. Le projet de loi de finances 2026 inclurait donc la suppression de cette niche, dans l’objectif d’harmoniser la fiscalité successorale entre tous les produits d’épargne. Retrouvez notre article sur le départ anticipé en 2026 : la mesure pour carrières longues est-elle une vraie avancée ou un simple effet d’annonce ?
Ce que le gouvernement pourrait mettre en place
Deux scénarios sont envisagés. Le plus radical prévoit de soumettre toutes les sommes versées sur un PER après 70 ans aux droits de succession classiques, sans aucun abattement. Un second scénario, plus modéré, propose d’abaisser à 30 500 € l’abattement applicable, quel que soit l’âge du versement. Dans les deux cas, le PER perdrait son avantage compétitif, et deviendrait beaucoup moins attractif pour ceux souhaitant transmettre un capital à leurs proches.
Quelles conséquences pour les épargnants seniors
Cette réforme toucherait principalement les retraités ayant entamé une stratégie de versements massifs après 70 ans. Ceux qui espéraient transmettre des montants conséquents dans un cadre optimisé risquent de devoir revoir leurs plans. Les bénéficiaires désignés seraient aussi concernés, car ils devront probablement s’acquitter de droits de succession élevés, parfois jusqu’à 45 %. Pour les cabinets de gestion, cette évolution entraîne une remise en question de nombreux conseils donnés depuis 2019.
Alternatives patrimoniales à explorer en 2026
Avec la fin annoncée de l’avantage du PER, l’assurance-vie reprend sa place centrale. Elle reste souple, avec un abattement de 30 500 € après 70 ans, et permet toujours une exonération des plus-values en cas de décès. Autre piste : la donation en démembrement, qui permet de transmettre la nue-propriété d’un bien tout en conservant l’usufruit. Ces outils, bien utilisés, peuvent encore offrir des avantages fiscaux significatifs, malgré un contexte de durcissement fiscal général.
Une dernière chance à saisir avant le tournant fiscal
Pour ceux qui n’ont pas encore 70 ans, l’année 2025 devient une fenêtre stratégique décisive. Les épargnants peuvent encore verser des montants importants sur leur PER et faire bénéficier leurs proches de l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Cette option nécessite une capacité d’épargne immédiate et une bonne visibilité sur ses besoins futurs. Les gestionnaires recommandent d’agir rapidement, avant que la réforme ne rende ces avantages définitivement inaccessibles. Découvrez aussi notre article sur le Livret A, LEP, CEL… Êtes-vous sûr de ne pas payer d’impôt dessus en 2025 ?
Conclusion
La probable suppression de l’avantage du PER après 70 ans marque une rupture majeure dans les stratégies patrimoniales. Si vous êtes concerné ou envisagez ce type de placement, il est temps de vous interroger sur vos choix. Êtes-vous prêt à adapter votre plan de transmission ? Cette réforme change-t-elle vos priorités ? Partagez votre avis, votre expérience ou vos inquiétudes en commentaire : votre témoignage peut éclairer d’autres épargnants dans la même situation.
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