Retraite des mères : ce calcul sur 25 années peut minorer la pension jusqu’au rattrapage

Certaines mères parties à la retraite depuis le 1ᵉʳ septembre 2026 peuvent percevoir une pension provisoirement minorée, car leurs droits restent calculés sur 25 années avant un rattrapage annoncé.

La nouvelle règle devait améliorer le calcul de la retraite de base en écartant une ou deux années de revenus de la moyenne. Son entrée en vigueur juridique n’a toutefois pas été suivie immédiatement par les systèmes informatiques de l’Assurance retraite.

Ce décalage ne supprimerait aucun droit, mais il peut peser sur les premiers versements des assurées auxquelles le calcul sur 23 ou 24 années serait plus favorable. La différence doit ensuite être régularisée rétroactivement.

Pourquoi la pension reste provisoirement calculée sur 25 années ?

La retraite de base du régime général repose notamment sur un salaire annuel moyen. Celui-ci était habituellement établi à partir des 25 meilleures années de revenus de la carrière.

Pour les pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, le nombre d’années retenues doit être réduit pour certains parents. Une mère ayant eu un enfant peut bénéficier d’un calcul sur ses 24 meilleures années. Avec deux enfants ou plus, la moyenne peut être établie sur les 23 meilleures années.

La CAPEB, dans sa présentation des décrets publiés au Journal officiel le 31 juillet 2026, précise que la mesure vise les assurés bénéficiant de majorations de durée d’assurance liées aux enfants. Les textes s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026.

Le calendrier réglementaire a laissé environ un mois aux caisses pour adapter leurs outils. Les systèmes seraient donc restés calibrés sur les 25 meilleures années lors de la liquidation de certains des premiers dossiers concernés. Découvrez notre article sur la retraite des mères : cette règle peut enlever une mauvaise année du calcul de la pension.

La suspension de la réforme des retraites, actée en décembre 2025, avait pourtant inscrit cette évolution parmi les mesures destinées à réduire les effets de la maternité sur les carrières et les pensions. Le retard porte sur son application technique, pas sur la date prévue pour l’ouverture des droits.

Une minoration temporaire, mais pas identique pour toutes les mères

Maintenir temporairement la 24e ou la 25e année dans le calcul peut diminuer le salaire annuel moyen lorsqu’elle correspond à une période de revenus plus faibles. La pension versée avant régularisation peut alors être inférieure au montant obtenu après application de la nouvelle règle.

L’effet dépend directement de la carrière. Une mère de deux enfants dont les 25 meilleures années présentent des revenus proches gagnera peu, voire rien, avec une moyenne calculée sur 23 années. Retirer deux années presque équivalentes aux autres modifie peu le résultat.

La différence peut être plus nette lorsque la 24ᵉ ou la 25ᵉ année retenue affiche un revenu sensiblement inférieur. Son exclusion relève mécaniquement la moyenne utilisée pour calculer la retraite de base.

Lors de la présentation de la mesure, le gouvernement estimait qu’elle pourrait améliorer la pension de plus d’une femme concernée sur deux. Les documents préparatoires évoquaient un gain moyen de l’ordre de 1 %. Cette moyenne ne constitue ni un minimum ni une hausse garantie : le montant réel varie selon les revenus inscrits au relevé de carrière et la situation de chaque assurée.

La minoration évoquée concerne donc uniquement les dossiers pour lesquels le calcul réduit produit effectivement un montant supérieur. Elle ne peut pas être chiffrée à partir du seul nombre d’enfants.

Quand le rattrapage doit intervenir et quels documents surveiller

L’Assurance retraite a confirmé à l’AFP que le nouveau mode de calcul ne pourrait pas être appliqué avant le deuxième trimestre 2027 au mieux. Cette échéance reste un calendrier prévisionnel tant qu’elle n’est pas accompagnée d’une date opérationnelle plus précise.

Les dossiers concernés doivent être recalculés automatiquement. Le rattrapage annoncé doit couvrir la différence due depuis la pension de septembre 2026, ce qui signifie que le retard ne devrait pas entraîner de perte définitive de droits.

Une assurée partie à la retraite depuis cette date peut conserver sa notification de retraite, ses relevés de carrière et le détail des paiements reçus. Elle peut aussi surveiller son espace personnel de l’Assurance retraite afin d’identifier la mise à jour du montant.

Lors de la régularisation, il faudra comparer l’ancien montant, la pension recalculée et la période couverte par le versement rétroactif. Une anomalie persistante pourra alors être signalée à la caisse avec les notifications et relevés conservés. Retrouvez aussi notre article sur la retraite des mères : la mauvaise date d’effet pourrait fermer la porte à tout recalcul.

Le point financier central tient au décalage entre la liquidation initiale et la correction : certaines mères peuvent recevoir moins pendant plusieurs mois, puis récupérer la différence lors du recalcul. La confirmation de l’éligibilité et du montant final restera propre à chaque dossier.

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