Revolut pourrait choisir Londres et le Nasdaq, un compromis qui révèle ses ambitions mondiales

Revolut envisage une double cotation à Londres et au Nasdaq : un montage qui préserverait son ancrage britannique tout en ouvrant largement la porte aux investisseurs américains.

Le projet reste au conditionnel. Le 17 septembre 2026, l’entreprise a toutefois confirmé à l’AFP que son cofondateur et directeur général, Nik Storonsky, étudiait cette option. Une introduction en Bourse pourrait intervenir d’ici deux ans, à condition que les marchés soient suffisamment solides.

Ce scénario éclaire la stratégie mondiale de Revolut. Londres conserverait une place dans l’opération, tandis que le Nasdaq offrirait au groupe une profondeur financière jugée bien supérieure.

Le Nasdaq offrirait à Revolut un marché beaucoup plus profond

Nik Storonsky ne cache pas sa préférence pour les États-Unis. Dans un entretien accordé aux Échos, il décrit un marché plus vaste, porté par des investisseurs institutionnels, des fonds spéculatifs, des gestionnaires d’actifs et un grand nombre d’investisseurs particuliers.

Le dirigeant oppose ainsi un marché londonien disposant de peu d’acheteurs à un marché américain où davantage d’investisseurs pourraient se disputer les actions Revolut. Cette différence est décisive lors d’une introduction en Bourse : plus le nombre d’acheteurs potentiels est élevé, plus une entreprise peut espérer placer ses titres dans de bonnes conditions.

Le choix du Nasdaq accompagnerait également le changement de dimension de Revolut. Fondée en 2015, la néobanque revendique plus de 80 millions de clients dans 40 pays. Elle vise désormais 100 millions de clients dans 100 pays. Après une vente secondaire d’actions en juillet 2026, sa valorisation a atteint 115 milliards de dollars.

Une telle valorisation impose de trouver un marché capable d’absorber une opération importante. L’attrait du Nasdaq ne relève donc pas uniquement de l’image internationale de New York. Il répond à un besoin concret de liquidité et d’accès aux capitaux. Retrouvez notre article sur Revolut obtient sa licence bancaire en France, une étape clé pour la néobanque britannique.

Londres resterait au cœur du compromis

Une cotation uniquement américaine serait cohérente avec les déclarations passées de Nik Storonsky. En 2024, il estimait déjà que la Bourse de Londres ne pouvait pas rivaliser avec New York. La double cotation permettrait cependant de ménager la place financière britannique, qui cherche à retenir les entreprises technologiques et les fintechs depuis le Brexit.

Revolut conserve des attaches opérationnelles fortes au Royaume-Uni. Son siège se trouve à Canary Wharf et le groupe y réalise son activité sur son plus grand marché. En mars 2026, il a obtenu une licence bancaire complète au Royaume-Uni après plusieurs années d’attente.

Le choix de Canary Wharf renforce cette dimension britannique. La page Wikipédia consacrée au quartier situe son développement à partir des « années 1981 » et le présente comme le plus important centre d’affaires de Londres après la City. Cette implantation place Revolut au sein d’un quartier associé depuis plusieurs décennies à la finance internationale.

Maintenir une cotation à Londres donnerait ainsi un signal aux autorités britanniques et aux acteurs locaux. Dans le même temps, le Nasdaq placerait l’action à portée d’une base d’investisseurs beaucoup plus large. Le compromis ne partage pas seulement l’opération entre deux places financières : il répartit aussi les intérêts politiques, commerciaux et financiers du groupe.

Une introduction en Bourse liée à l’expansion internationale

Le calendrier n’est pas arrêté. En avril 2026, lors de l’émission de David Rubenstein, Nik Storonsky avait évoqué une possible introduction en Bourse d’ici deux ans. Il avait lié cette échéance à la bonne santé du marché, ce qui exclut toute date ferme à ce stade.

Revolut prépare parallèlement son expansion réglementaire. Début septembre 2026, la néobanque a obtenu une autorisation conditionnelle aux États-Unis. Elle a également reçu durant l’été des licences bancaires en France et en Australie, puis déposé une demande en Suisse.

Ces avancées donnent une cohérence industrielle au projet boursier. Le groupe ne cherche plus uniquement à exporter une application bancaire britannique. Il construit des positions réglementées sur plusieurs marchés, avec l’objectif déclaré d’atteindre 100 pays. Retrouvez aussi notre article sur Revolut, N26, Caisse d’Épargne : le paiement sans numéro de carte se généralise.

La double cotation résumerait cette évolution. Londres représenterait le siège, l’histoire récente et le principal marché de Revolut. Le Nasdaq offrirait la puissance financière nécessaire à une entreprise valorisée 115 milliards de dollars et tournée vers une croissance mondiale. Le scénario reste soumis aux conditions de marché, mais le compromis étudié révèle déjà où Revolut compte trouver ses prochains relais de puissance.

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