Deux seuils, fixés à 1 260 et 2 034 euros par mois, pourraient déterminer la revalorisation appliquée aux pensions en 2027.
Le dispositif étudié pour le budget 2027 répartirait les retraités en trois groupes. Les pensions les plus modestes suivraient l’inflation, les pensions intermédiaires seraient sous-indexées et les plus élevées pourraient être gelées.
Ces traitements restent des pistes de travail. Ils devront être précisés dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, puis débattus au Parlement avant de pouvoir entrer en vigueur.
Moins de 1 260 euros, entre les deux seuils, ou plus de 2 034 euros
La grille envisagée peut se lire à partir du montant mensuel de la pension :
| Montant mensuel | Traitement envisagé | Effet possible |
|---|---|---|
| Moins de 1 260 euros | Revalorisation selon l’inflation | Maintien théorique du pouvoir d’achat |
| De 1 260 à 2 034 euros | Sous-indexation | Hausse inférieure à celle des prix |
| Plus de 2 034 euros | Gel envisagé | Montant nominal stable malgré l’inflation |
Une pension située sous 1 260 euros continuerait donc à suivre l’évolution des prix. Entre 1 260 et 2 034 euros, elle augmenterait encore, mais selon un taux inférieur à l’inflation.
Au-dessus de 2 034 euros, le scénario le plus sévère prévoit un gel. Le retraité conserverait le même montant en euros, tandis que la hausse des prix réduirait progressivement ce qu’il peut acheter avec cette somme. Découvrez notre article sur le budget 2027 : les petites retraites seraient protégées, les pensions plus élevées pourraient contribuer davantage.
Le périmètre utilisé pour comparer sa pension aux seuils reste à confirmer. Les informations disponibles évoquent la prise en compte du régime général et des complémentaires pour le seuil de 1 260 euros, alors que le gel à partir de 2 034 euros est aussi présenté comme visant la pension de base. Cette différence devra être levée par le texte officiel.
Le palier intermédiaire regrouperait une large partie des retraités
Le seuil de 1 260 euros doit être rapproché du niveau moyen des pensions. En 2024, la pension moyenne des retraités français atteignait exactement 1 705 euros bruts par mois d’après une donnée de la Drees rapportée par Pleine Vie.
Cette moyenne se situe entre les deux seuils envisagés. Elle ne permet pas de connaître le nombre exact de personnes concernées, car les pensions sont inégalement réparties et le montant brut moyen ne correspond pas nécessairement à la base retenue par le futur barème.
Pour un retraité classé dans le palier intermédiaire, la pension continuerait à progresser. La perte serait relative : son montant augmenterait moins vite que les dépenses courantes si l’inflation dépassait le taux de revalorisation choisi.
David Amiel, ministre des Comptes publics, a assuré à La Tribune Dimanche qu’« aucune pension versée ne diminuera ». Cette déclaration porte sur le montant nominal. Elle n’écarte pas une baisse du pouvoir d’achat en cas de sous-indexation ou de gel.
Un second levier fiscal pourrait s’ajouter au barème
Le gouvernement étudie également une réduction du plafond de l’abattement fiscal de 10 % accordé aux retraités. Ce plafond passerait de 4 400 à 3 000 euros dans le scénario évoqué.
L’effet dépendrait du montant déclaré, de la composition du foyer et de sa tranche d’imposition. Tous les retraités ne subiraient donc pas la même hausse d’impôt. Une estimation attribuée à l’exécutif chiffre les recettes attendues de cette seule modification à 1,4 milliard d’euros.
Ces deux leviers pourraient se cumuler pour certains foyers : une revalorisation limitée de la pension et un avantage fiscal moins élevé. Aucun calcul individuel fiable n’est possible tant que le barème, son assiette et les règles fiscales définitives ne sont pas publiés.
Le gouvernement présente ces mesures comme des points de départ pour les discussions budgétaires. La trajectoire citée par le ministère de l’Économie prévoit une dette publique pouvant atteindre 121,7 % du PIB en 2027, mais les seuils de pension et le plafond fiscal peuvent encore être modifiés ou abandonnés. Retrouvez aussi notre article sur le gel partiel des pensions : le vrai sujet sera le revenu retenu pour départager les retraités.
La grille pratique tient donc en trois lignes : indexation sous 1 260 euros, hausse réduite entre 1 260 et 2 034 euros, gel possible au-delà. Elle permet de repérer le traitement envisagé, sans préjuger de la règle qui sera finalement votée.
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