Valider quatre trimestres de retraite par an sans avoir travaillé les douze mois : c’est possible aujourd’hui. Le Rassemblement national veut y mettre fin, en imposant des trimestres validés en entier, ce qui modifierait le calcul de vos droits.
Le sujet est central pour les actifs qui surveillent leur relevé de carrière. La validation d’un trimestre dépend des cotisations versées, pas d’une présence à l’emploi sur l’année entière. C’est ce mécanisme que le Rassemblement national veut faire évoluer, avant une présidentielle où les retraites devraient peser.
Le président du parti, Jordan Bardella, né le 13 septembre 1995 à Drancy (Seine-Saint-Denis), a annoncé au 20 heures de TF1 le 3 novembre que le RN voulait changer les règles de validation des trimestres. Le programme détaillé doit être présenté le 17 novembre. D’ici là, ces annonces restent des propositions politiques, pas des règles adoptées.
La règle actuelle : quatre trimestres validés sans avoir travaillé douze mois
Aujourd’hui, il est possible de valider quatre trimestres par an sans forcément avoir travaillé les douze mois de l’année. La validation dépend des cotisations versées au cours de l’année, et non d’une durée de travail identique sur toute la période.
Un actif peut donc cumuler ses quatre trimestres annuels même si son activité n’a pas couvert l’intégralité de l’année civile. C’est ce point précis que le Rassemblement national juge trop souple. Découvrez notre article sur la carrière longue des mères : deux trimestres peuvent faire basculer un dossier, pas toute une retraite.
Ce que le RN veut changer : des trimestres validés entièrement
Le Rassemblement national veut abroger la réforme actuelle des retraites et maintenir un âge légal de départ entre 60 et 62 ans. Depuis quelques semaines, le parti précise aussi son système. Jordan Bardella souhaite que les trimestres soient validés entièrement, en « rapprochant la validation des trimestres de la réalité du travail et des cotisations versées ».
Concrètement, il ne faudrait plus pouvoir valider quatre trimestres par an sans avoir réellement travaillé sur ces périodes. Sur TF1 le 5 novembre, la députée du Var Laure Lavalette a défendu cette ligne avec une formule simple : il ne faut pas travailler plus, mais « travailler mieux ».
Elle détaille le système imaginé : « Si vous avez commencé à travailler entre 17 et 20 ans, vous pouvez partir à la retraite avec 40 annuités et à 60 ans, et au-delà, c’est progressif avec 42 annuités et à 62 ans. » Elle concède qu’il faudra « travailler tous ces trimestres », en assumant le « double effet » attendu par le parti : faire travailler les Français plus tôt.
Ce que ça changerait pour votre retraite : partir plus tôt plutôt que plus tard
Le raisonnement du RN s’appuie sur un constat chiffré : en moyenne, le « premier job » est obtenu à 27 ans en France, ce que Laure Lavalette juge tardif par rapport aux autres pays européens. Sur TF1, elle a aussi rappelé qu’une personne sur deux qui atteint l’âge de la retraite n’est plus sur le marché du travail.
Sa conclusion, martelée à l’antenne : « C’est une fausse bonne idée de faire travailler les gens plus longtemps. » Pour elle, la bonne idée est de « les faire travailler plus tôt ». Le parti ouvre toutefois la porte à celles et ceux qui voudraient continuer à travailler.
Pour un actif, tout dépendrait de sa situation. Celles et ceux qui ont commencé entre 17 et 20 ans pourraient partir à 60 ans avec 40 annuités. Les autres verraient la validation de leurs trimestres se durcir, sans pouvoir compter sur quatre trimestres validés sans douze mois de travail. Il y a quelques jours, le député Laurent Jacobelli a assuré que toutes les pensions seraient indexées sur l’inflation.
Rien n’est adopté pour autant. Le programme détaillé doit être présenté le 17 novembre, et il faudra vérifier si ces points sont confirmés, amendés ou abandonnés. À ce stade, impossible de chiffrer l’effet sur les droits d’un lecteur en particulier. Retrouvez aussi notre article sur le cumul emploi-retraite : celui qui a tous ses trimestres est en réalité le grand perdant de la règle qui s’applique dès janvier 2027.
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