Carrière longue : le nouveau calendrier avantage certains assurés, mais pas de la même manière

Le nouveau calendrier de la carrière longue ne distribue pas le même avantage à tous : certaines générations gagnent des trimestres, d’autres quelques mois sur leur âge de départ.

Les règles applicables depuis le 1ᵉʳ septembre 2026 concernent principalement les assurés nés entre 1964 et 1970. Elles font suite à un décret publié le 7 mai 2026, après la suspension jusqu’au 1ᵉʳ janvier 2028 du calendrier prévu par la réforme des retraites de 2023.

L’année de naissance ne suffit pas toujours pour connaître le changement applicable. Pour les assurés nés en 1965, le mois de naissance peut aussi modifier le nombre de trimestres exigés ou l’âge de départ.

De 1964 à 1970, l’avantage change de nature

Les assurés nés en 1964 bénéficient d’un allègement sur la durée d’assurance. Le nombre demandé passe de 171 à 170 trimestres. L’âge de départ anticipé ne baisse pas : une personne ayant commencé avant 20 ans reste susceptible de partir à 60 ans et 6 mois, si elle remplit toutes les autres conditions.

La génération 1965 est divisée en trois groupes. Pour les personnes nées de janvier à mars, la durée requise recule de 172 à 170 trimestres. Pour celles nées d’avril à novembre, elle passe de 172 à 171 trimestres. Dans ces deux situations, l’âge de départ annoncé reste inchangé.

Le changement est différent pour une personne née en décembre 1965 ayant commencé à travailler avant 20 ans. Son âge de départ anticipé est abaissé à 60 ans et 8 mois, contre 61 ans auparavant.

Année de naissanceÂge de départ annoncé pour un début avant 20 ansDurée d’assurance annoncée
196660 ans et 9 mois172 trimestres
196761 ans172 trimestres
196861 ans et 3 mois172 trimestres
196961 ans et 6 mois172 trimestres
197061 ans et 9 mois172 trimestres

Pour les générations 1966 à 1970, le bénéfice annoncé porte donc sur l’âge de départ. Le seuil de 172 trimestres, lui, ne diminue pas. Voilà pourquoi deux assurés concernés par le même changement de calendrier peuvent obtenir des gains de nature différente. Découvrez notre article sur la carrière longue en 2026 : ces trimestres oubliés peuvent vous coûter un départ plus tôt.

Un âge plus favorable ne garantit pas le départ à cette date

La carrière longue repose sur deux conditions qui doivent être réunies : avoir commencé à travailler suffisamment tôt et disposer du nombre de trimestres retenus par le dispositif. Les seuils mentionnés ne constituent donc pas une date de départ automatique.

Selon l’âge de début d’activité, un départ peut être envisagé à partir de 58 ans pour un début avant 16 ans, de 60 ans pour un début avant 18 ans, entre 60 et 62 ans pour un début avant 20 ans, ou à partir de 63 ans pour un début avant 21 ans. L’année de naissance et la composition de la carrière déterminent ensuite la borne exacte.

Le relevé de carrière peut afficher assez de trimestres sans que tous soient retenus pour un départ anticipé. Certaines périodes de chômage indemnisé, de maladie, de service militaire ou d’invalidité sont assimilées à des trimestres, mais leur prise en compte obéit à des règles et à des plafonds particuliers.

Cette distinction peut neutraliser l’avantage apparent du nouveau calendrier. Une baisse de 172 à 170 trimestres aide réellement l’assuré seulement si les trimestres nécessaires sont recevables dans le calcul de la carrière longue.

L’enjeu dépasse la seule date de départ. Pleine Vie indiquait pour 2024 que la Drees confirmait une pension moyenne de 1 705 euros bruts par mois pour les retraités français. Cette moyenne ne permet pas d’estimer une pension individuelle, mais elle rappelle qu’un départ anticipé doit aussi être évalué à partir du montant personnel attendu.

Les mères devront attendre les modalités prévues pour 2027

Une évolution distincte concerne les mères ayant interrompu ou réduit leur activité pour s’occuper de leurs enfants. Jusqu’à deux trimestres liés aux enfants pourraient être pris en compte pour déterminer l’accès à la carrière longue.

Cette mesure, initialement attendue à la rentrée 2026, est annoncée pour le printemps 2027. Ses conditions précises doivent encore être fixées par un texte réglementaire. Elle ne peut donc pas être intégrée comme un droit définitivement acquis dans une simulation individuelle à ce stade. Retrouvez aussi notre article sur la carrière longue : ces générations pourront partir plus tôt, mais sous conditions.

Le nouveau calendrier crée ainsi trois situations. Certains assurés gagnent un ou deux trimestres sur la durée requise. D’autres gagnent quelques mois sur leur âge de départ. Les générations 1966 à 1970 restent soumises à 172 trimestres, même lorsque leur borne d’âge recule. Avant toute décision, le relevé de carrière doit être contrôlé en distinguant les trimestres simplement validés de ceux réellement retenus pour le départ anticipé.

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