Le taux moyen d’un crédit immobilier s’établit à 3,49 % en octobre, contre 3,14 % un an plus tôt : la hausse renchérit l’achat de plusieurs milliers d’euros et pèse d’abord sur les primo-accédants aux revenus modestes.
La progression est nette. Le taux moyen des crédits immobiliers a atteint 3,49 % en octobre, selon les données publiées par l’Observatoire Crédit logement, contre 3,14 % il y a un an.
Les derniers barèmes communiqués par les banques aux courtiers montrent que certaines ont déjà franchi le seuil des 4 %, hors frais annexes comme l’assurance emprunteur.
Ce que la hausse change sur la facture
Sur un crédit immobilier courant, ce passage de 3,14 % à 3,49 % se traduit par un surcoût de plusieurs milliers d’euros sur la durée du prêt. Le renchérissement contraint des acheteurs à viser des logements plus petits ou plus excentrés, d’autres repoussent leur projet.
« La hausse des taux va alourdir la facture et grever parfois très fortement la capacité d’emprunt », prévenait Ludovic Huzieux, co-fondateur du courtier Artémis. Retrouvez notre article sur le crédit immobilier : sous 40 000 € de revenus annuels, le taux moyen sur 25 ans dépasse déjà 4 %.
Le mouvement ne s’arrête pas au taux moyen. Le patron de Meilleurtaux, Thomas Vandeville, voit les taux se rapprocher progressivement du taux d’emprunt de l’État français à 10 ans, qui flirte avec les 5 %.
Les primo-accédants modestes paient le prix le plus fort
Le renchérissement du crédit « pèse particulièrement sur les primo-accédants les plus modestes », décrit Foncia. Le réseau d’agences a vu ses compromis de vente chuter de 20 % en septembre, par rapport à septembre 2025.
Le barème moyen sur 20 ans se situe autour de 3,60 % début octobre, contre 3,50 % début septembre, selon les données communiquées par différents courtiers. Les ménages qui apportent peu et empruntent au plus près de leur capacité sortent les premiers du marché.
Ce public est aussi le plus sensible à la moindre hausse de mensualité : avec un budget déjà tendu, chaque dixième de point grignote la somme empruntable.
Une demande qui se tarit, des banques qui veulent prêter
La demande de crédit immobilier « se tarit, incontestablement », observait Nicolas Namias, président du directoire de BPCE, qui regroupe les Banques populaires et les Caisses d’épargne. Il pointe un double effet : la croissance des taux et l’incertitude économique et fiscale qui pèse sur l’investissement immobilier.
« Beaucoup d’emprunteurs potentiels sont attentistes » dans les mois précédant l’élection présidentielle, note Stéphane Soudeix, président de Kereis, spécialiste de l’assurance emprunteur. Les candidats à l’achat scrutent les programmes et les éventuelles mesures de logement promises.
Le marché ne s’effondre pas pour autant : les achats contraints, comme une chambre en plus ou une succession, continuent. Dans le neuf, les réservations de logements au troisième trimestre s’annoncent encore plus faibles que les trimestres précédents, déjà au plus bas selon la Fédération des promoteurs immobiliers.
Face à ce coup de froid, des voix réclament un assouplissement des règles du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), qui plafonnent le taux d’endettement et la durée d’emprunt. Le président de la FPI, Pascal Boulanger, assure que ces normes privent le secteur de 10 % de clientèle supplémentaire et juge que « les banques ont envie de prêter mais sont empêchées ». Retrouvez également notre article sur le crédit immobilier : au-delà de 35 % de vos revenus consacrés au remboursement, les banques ont de plus en plus de mal à accepter le dossier.
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