En 2027, votre taux de CSG ne se joue pas sur votre seule pension : il se calcule sur le revenu fiscal de référence, qui additionne tous les revenus du foyer.
Beaucoup de retraités comparent leur pension mensuelle aux seuils officiels et s’arrêtent là. L’administration regarde pourtant un autre chiffre : le revenu fiscal de référence (RFR). Il figure sur l’avis d’imposition et englobe les pensions, mais aussi les salaires du conjoint, les revenus locatifs, les placements et les retraites complémentaires.
Pour les pensions versées en 2027, les caisses de retraite appliquent le RFR de 2025, celui de l’avis d’imposition reçu en 2026. Le nombre de parts fiscales et le lieu de résidence entrent aussi dans le calcul. Un foyer peut donc franchir un seuil alors que sa pension de base n’a presque pas bougé.
Le revenu fiscal de référence, la vraie clé du calcul
Le taux de CSG prélevé sur les pensions se détermine chaque année selon les ressources du foyer fiscal. Il ne se calcule pas sur le montant brut de la pension, mais sur le RFR de l’avant-dernière année. Pour 2027, il s’agit de celui de 2025, à retrouver sur l’avis d’imposition reçu durant l’été 2026.
Ce RFR tient compte de l’ensemble des revenus retenus pour le calcul fiscal, et pas uniquement des pensions. Un conjoint qui travaille encore, un loyer perçu, des intérêts de placements : tout s’ajoute. C’est souvent là que la bascule se produit, pour des foyers qui pensaient rester sous un plafond.
La Drees a mesuré une pension moyenne de 1 705 euros bruts par mois pour les retraités français en 2024, soit environ 20 460 euros sur l’année. À ce niveau, un foyer se tient déjà près des premiers seuils, avant même d’ajouter les autres revenus du ménage. Découvrez notre article sur la hausse de CSG n’arrive qu’après deux années au-dessus du seuil : ce qu’il faut surveiller sur votre avis d’impôt avant la bascule.
Les seuils 2027, revalorisés de seulement 0,9 %
En 2027, les retraités domiciliés en France relèvent de quatre situations. Les foyers modestes sont exonérés, avec un taux de 0 %. Viennent ensuite le taux réduit de 3,8 %, le taux médian de 6,6 %, puis le taux normal de 8,3 % au-delà du dernier plafond.
Pour une personne seule en métropole, les seuils sont de 13 165 euros pour l’exonération, 17 210 euros pour le taux réduit et 26 709 euros pour le taux médian. Pour un couple, ils se situent autour de 20 196 euros, 26 402 euros et 40 968 euros. Ces montants varient selon le quotient familial et la situation du foyer.
Le barème 2027 progresse de 0,9 %, soit l’inflation moyenne de 2025 mesurée par l’Insee. Les pensions de base, elles, avaient été revalorisées de 2,2 % au 1er janvier 2025. Les ressources fiscales peuvent donc progresser plus vite que les seuils, ce qui augmente le risque de franchir une tranche sans vraie hausse du niveau de vie.
Qui peut basculer, et comment vérifier son taux
Les retraités aujourd’hui exonérés sont les plus exposés : si leur RFR dépasse le plafond, ils passent au taux réduit de 3,8 % et voient leur net diminuer. Un retraité déjà au taux réduit peut monter à 6,6 %, et un retraité au taux médian peut atteindre 8,3 %.
La hausse ne se limite pas à la CSG. La CRDS de 0,5 % et, selon le taux applicable, la Casa de 0,3 % s’ajoutent. Le montant net versé dépend de l’ensemble de ces contributions.
Un mécanisme de lissage atténue le choc : le passage du taux réduit de 3,8 % à un taux supérieur suppose, en principe, un dépassement du seuil pendant deux années consécutives. Cette protection ne s’applique pas de la même manière à tous les changements de taux, notamment lors du passage du taux médian au taux normal.
Pour anticiper, reprenez votre avis d’imposition 2026 et le RFR de 2025. Vérifiez le nombre de parts de votre foyer, car les plafonds augmentent avec les demi-parts supplémentaires, et tenez compte de votre lieu de résidence, les barèmes des départements d’outre-mer différant de la métropole. Les attestations de paiement disponibles sur l’espace de votre caisse de retraite permettent de comparer le taux actuel avec celui qui s’appliquera en 2027. Retrouvez aussi notre article sur la hausse de CSG sur les arrêts maladie : ce que les 3 points en projet retireraient par jour indemnisé, jusqu’à 1,29 €.
En tant que jeune média indépendant, CESdeFrance a besoin de votre aide. Soutenez-nous en nous suivant et en nous ajoutant à vos favoris sur Google News. Merci !

