Régler la facture d’Ehpad en décembre 2026 ou en janvier 2027 n’a pas la même conséquence fiscale : la date du paiement détermine l’année d’imputation de la réduction d’impôt.
Un séjour en Ehpad coûte cher, souvent trop pour une seule pension de retraite. La Drees chiffre la pension moyenne des retraités français à 1 705 euros bruts par mois en 2024, un montant vite dépassé par le tarif d’une chambre et des frais de dépendance. Pour amortir la facture, le fisc prévoit une réduction d’impôt de 25 % sur une partie des dépenses. À condition de bien choisir le moment où l’on paie.
La pression ne va pas s’inverser. Eurostat projette que la part des plus de 65 ans pourrait passer de 21 % à 30 % d’ici 2050. La règle de l’année fiscale, encore méconnue, va donc concerner un nombre croissant de familles.
La règle : c’est la date du paiement qui compte
Pour que la réduction s’applique aux revenus de 2026, les dépenses d’hébergement et de dépendance doivent avoir été réglées entre le 1er janvier et le 31 décembre 2026. C’est le paiement effectif qui fait foi, pas la date de la facture.
Concrètement, une facture de décembre 2026 payée seulement en janvier 2027 sera imputée sur les revenus de 2027. À l’inverse, tout ce qui est réglé avant le 31 décembre 2026 compte pour l’année en cours. Le Service public précise que les sommes réellement supportées par le résident sont prises en compte, après déduction des aides perçues. Retrouvez notre article sur l’APL et aide sociale à l’hébergement en EHPAD : les deux délais à ne pas rater à l’entrée.
25 % de réduction, mais dans la limite de 2 500 euros
La réduction correspond à 25 % des dépenses d’hébergement et de dépendance, retenues dans la limite de 10 000 euros par an et par personne. Soit un avantage maximal de 2 500 euros par an.
Tout ne se déduit pas. Le logement, la restauration et la dépendance sont éligibles. Les soins médicaux et infirmiers en sont exclus, tout comme l’APA, les aides au logement ou l’aide sociale à l’hébergement, qu’il faut retirer du calcul.
Un point moins connu : il s’agit d’une réduction d’impôt, pas d’un crédit d’impôt. Elle diminue l’impôt dû, mais n’est jamais remboursée. Un résident non imposable n’en tire donc aucun bénéfice.
Payer avant le 31 décembre : utile seulement si le plafond n’est pas atteint
L’intérêt d’anticiper un règlement avant la fin de l’année dépend de votre situation. Si le plafond de 10 000 euros n’est pas déjà atteint, régler les sommes dues avant le 31 décembre 2026 permet de les faire entrer dans l’assiette de cette année-là.
En revanche, si le plafond est atteint ou si vous n’êtes pas imposable, l’avance de paiement n’apporte rien de plus. La réduction ne peut pas dépasser le plafond, et elle ne crée pas de remboursement pour qui ne paie pas d’impôt.
Les enfants qui aident un parent peuvent agir par un autre canal : les sommes versées sont déductibles comme pension alimentaire, à déclarer en case 6GU, dès lors que le parent est dans le besoin et que l’aide est proportionnée. Attention à ne pas déclarer deux fois la même dépense : une somme déduite par l’enfant ne peut pas en même temps entrer dans la réduction du résident.
En résumé : payez avant le 31 décembre 2026 pour réduire vos impôts de 2026, uniquement si vous êtes imposable et que le plafond n’est pas atteint. Et conservez les factures ainsi que les justificatifs de paiement de l’établissement : c’est la pièce maîtresse en cas de contrôle. Pour aller plus loin, retrouvez aussi notre article sur les frais d’EHPAD : payer la facture de décembre avant le 31 décembre 2026 pour qu’elle entre dans la déclaration 2027.
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