La retraite progressive peut augmenter votre revenu : le cas précis où passer à temps partiel ne coûte rien

Passer en retraite progressive ne rime pas toujours avec perte de salaire : pour qui travaille déjà à temps partiel, le dispositif peut même faire grimper le revenu mensuel.

La retraite progressive permet d’aménager sa fin de carrière en réduisant son activité tout en percevant une partie de sa pension. Longtemps calée sur l’âge légal de départ, cette passerelle a été réformée : depuis le 1er septembre 2025, elle est ouverte dès 60 ans pour l’ensemble des actifs, une mesure entérinée par deux décrets publiés au Journal officiel en juillet 2025.

Et le dispositif séduit de plus en plus. Selon la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), le régime général comptait 66 816 bénéficiaires au 30 juin 2026, contre 34 798 un an plus tôt. Le nombre a presque doublé en douze mois.

Le cas où la retraite progressive augmente le revenu

Le calcul est proportionnel. Un salarié qui passe à 60 % d’un temps plein perçoit 40 % de la pension à laquelle il aurait droit à cet instant. Pour la plupart des actifs, la bascule suppose donc une baisse de revenus : on échange une partie de son salaire contre une fraction de pension.

Mais il existe un cas où le total progresse. Une personne qui travaille déjà à temps partiel avant de faire sa demande conserve son salaire et y ajoute la fraction de pension. Elle ne sacrifie rien, puisque sa quotité de travail est déjà réduite : le versement de la pension partielle vient s’ajouter à sa rémunération actuelle. Retrouvez aussi notre article sur la retraite progressive : ce rendez-vous discret peut être le bon moment pour en parler sans attendre 60 ans.

Pendant cette période, le bénéficiaire continue de cotiser et d’acquérir de nouveaux droits. Ces droits sont intégrés au calcul définitif de la pension lors de la liquidation finale, ce qui peut aussi améliorer le montant servi à la sortie du dispositif. Pour situer les ordres de grandeur, la pension moyenne des retraités français s’élevait à 1 705 euros bruts par mois en 2024, selon la Drees.

Les conditions à remplir pour en profiter

L’accès au dispositif reste soumis à trois critères cumulatifs. Il faut d’abord avoir au moins 60 ans, puis justifier d’une durée d’assurance de 150 trimestres tous régimes de base confondus, trimestres cotisés, assimilés (maladie, chômage) et rachetés compris.

Ensuite, l’activité doit être réduite dans des bornes précises : entre 40 % et 80 % d’un temps complet pour les salariés du privé, entre 50 % et 90 % pour les fonctionnaires, et une baisse de revenus de 20 % à 60 % pour les indépendants.

Le dispositif est largement ouvert : salariés du privé, y compris en CDD ou multi-employeurs, fonctionnaires de catégorie sédentaire, artisans, commerçants, exploitants agricoles et professions libérales. Les fonctionnaires de catégorie active, comme les policiers ou les aides-soignants, en sont exclus car ils bénéficient déjà d’un départ anticipé.

Demander sans se faire bloquer par l’employeur

La procédure a été simplifiée. Depuis février 2025, une demande unique en ligne est possible sur le portail info-retraite.fr, quel que soit le statut. Mieux vaut s’y prendre quatre à cinq mois avant la date de passage souhaitée.

Pour les salariés, le passage à temps partiel suppose un avenant au contrat de travail, donc l’accord de l’employeur. Mais ce dernier ne peut pas refuser sans motif valable. Il dispose de deux mois pour répondre, et son refus doit être justifié par écrit, en démontrant que la réduction du temps de travail est incompatible avec l’activité économique de l’entreprise.

Point décisif : le silence de l’employeur dans ce délai vaut acceptation. Cette règle, renforcée par une loi d’octobre 2025, protège les salariés et facilite l’accès au dispositif en fin de carrière.

Pour un salarié déjà à temps partiel, la retraite progressive se lit comme un cumul. Le revenu peut progresser, et les droits continuent de s’accumuler en vue de la liquidation définitive. Avant de déposer sa demande sur info-retraite.fr, mieux vaut vérifier sa durée d’assurance et sa quotité de travail. Retrouvez aussi notre article sur l’âge légal de la retraite est à 64 ans, mais pour équilibrer le système il faudrait monter à 65,8 ans en 2045 et 67,6 ans en 2070.

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