Non, vos intérêts de Livret A ne sont pas imposés : le prélèvement à la source ne s’applique pas à ces intérêts, pas plus que les prélèvements sociaux.
Beaucoup d’épargnants s’interrogent. Chaque mois, le prélèvement à la source ponctionne leur salaire. Comment des intérêts versés sur un Livret A pourraient-ils alors échapper à l’impôt ? La réponse tient en une règle simple : les intérêts des livrets réglementés sont exonérés d’impôt sur le revenu comme de prélèvements sociaux.
Cette exonération vaut pour le Livret A, le LDDS, le LEP et le livret jeune. Les intérêts sont versés en début d’année, une seule fois par an, et l’administration n’y prélève rien.
Pourquoi le prélèvement à la source ne touche pas le Livret A
Le prélèvement à la source sert à collecter l’impôt sur les revenus imposables. Les intérêts d’un Livret A sont défiscalisés : ils ne figurent pas parmi les revenus imposables. Il n’y a donc rien à prélever, ni au moment du versement des intérêts, ni en fin d’année.
Concrètement, l’administration ne se sert pas sur ces intérêts. L’exonération porte sur les intérêts versés, pas sur le capital déposé ni sur vos autres revenus. Ce qui vaut pour le Livret A vaut aussi pour le LDDS, le LEP et le livret jeune. Découvrez notre article sur le Livret A plafonné à 22 950 euros, compte à terme bloqué : ce que permet le livret classique non plafonné.
Quels livrets sont exonérés, et combien ça coûte à l’État
La règle du zéro fiscalité s’applique à quatre livrets réglementés. Leurs taux et plafonds, relevés en octobre 2026 :
| Livret | Taux (oct. 2026) | Plafond | Fiscalité |
|---|---|---|---|
| Livret A | 1,70 % | 22 950 € | aucune |
| LDDS | 1,70 % | 12 000 € | aucune |
| LEP | 2,50 % | 10 000 € | aucune |
| Livret jeune | au moins 1,70 % | 1 600 € | aucune |
Le plan épargne avenir climat (PEAC), moins connu, relève lui aussi de l’épargne réglementée défiscalisée. Le compte épargne logement (CEL), en revanche, n’entre pas dans ce cadre : ses intérêts restent soumis à l’impôt.
Le livret jeune reste accessible à toute personne de 12 à 25 ans résidant en France, avec un simple versement de 10 euros pour l’ouvrir. Ses intérêts bénéficient de la même exonération que ceux des autres livrets réglementés.
Cette exonération a un coût pour les finances publiques. La Banque de France le chiffre dans son rapport annuel sur l’épargne réglementée : 4,868 milliards d’euros en 2025, contre 3,667 milliards en 2024, 2,04 milliards en 2023 et 1,01 milliard en 2022. Une progression portée par la hausse de l’encours et des taux de rémunération.
La flat tax de 31,4 % : une proposition restée sans suite
Certains épargnants s’inquiètent d’une possible flat tax sur les intérêts dépassant les plafonds. Cette idée vient d’une note de la Cour des comptes, « La fiscalité du patrimoine des ménages ». Elle proposait d’imposer à 31,4 % les intérêts au-delà de 22 950 euros sur le Livret A, 12 000 euros sur le LDDS, 10 000 euros sur le LEP et 1 600 euros sur le livret jeune.
La Cour des comptes relevait que ces avantages fiscaux profitent « davantage aux ménages aisés et âgés », depuis que le plafond du Livret A est passé de 15 300 à 22 950 euros. Cumulé avec un LDDS, le plafond global approche 35 000 euros par adulte, et 116 000 euros pour un couple avec deux enfants. Retrouvez également notre article sur le Livret A à 1,7 % : pourquoi le garder comme épargne de précaution reste un choix utile malgré la baisse.
Cette proposition est restée lettre morte. Le gouvernement ne l’a pas reprise, et l’exonération totale demeure en vigueur. Vous pouvez donc retirer l’argent de vos livrets réglementés sans craindre d’imposition sur ces intérêts.
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