L’assurance-vie, l’alternative au PER qui se rachète à tout moment

Là où le PER fige l’épargne jusqu’à la retraite, l’assurance-vie se rachète à tout moment : de quoi préparer sa retraite sans renoncer à un achat immobilier. Le plan d’épargne retraite s’est imposé comme le réflexe de la préparation à la retraite.

Fin 2023, il comptait déjà plus de 10 millions de titulaires et 100 milliards d’euros d’encours, selon le ministère de l’Économie. Son moteur : les versements se déduisent du revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus professionnels et d’un plafond de 37 680 euros en 2026.

Cette enveloppe a pourtant un coût caché : l’argent versé reste bloqué jusqu’à la retraite, en dehors de quelques cas de déblocage. Pour qui veut garder la main sur son épargne, l’assurance-vie tient le rôle d’alternative liquide.

Le PER, un placement tunnel qui ne convient pas à tous

Le PER est un placement dit « tunnel ». Une fois les versements effectués, il est impossible d’y toucher avant la retraite, hors cas de déblocage anticipé prévus par la loi.

« Il ne faut donc alimenter un PER qu’après s’être constitué une épargne de précaution liquide », prévient Cyril Garbois, cofondateur de Cashbee. L’enjeu est simple : sur un horizon de dix, vingt ou trente ans, l’épargnant accepte de ne pas revoir son argent avant l’échéance. Retrouvez notre article sur le PER domine l’épargne retraite, et pourtant 6 Français sur 10 n’en ont jamais entendu parler.

L’avantage fiscal à l’entrée ne profite d’ailleurs pas à tout le monde. Le barème de l’impôt sur le revenu compte cinq tranches, imposées à 0 %, 11 %, 30 %, 41 % et 45 %. « Le PER s’adresse aux épargnants dont la tranche marginale d’imposition s’élève au minimum à 30 % », résume Thaïs Castang, associée du cabinet de gestion de patrimoine L&A Finance. Un versement de 10 000 euros fait ainsi économiser 3 000 euros d’impôt à un contribuable imposé à 30 %, mais seulement 1 100 euros dans la tranche à 11 %.

Le déblocage anticipé pour acheter sa résidence principale existe, mais il est coûteux : la part des versements ressort imposée au barème de l’impôt sur le revenu, la part des plus-values au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Un retrait important peut même faire basculer l’épargnant dans la tranche supérieure et effacer l’économie d’impôt réalisée à l’entrée.

L’assurance-vie, l’enveloppe qui se rachète à tout moment

Face au PER, l’assurance-vie présente un atout décisif : la liquidité. Il est tout à fait possible de l’alimenter, puis d’effectuer un rachat à tout moment pour se constituer un apport dans le cadre d’un achat immobilier.

Cette souplesse sert deux projets à la fois : préparer sa retraite, et constituer un apport pour acheter son logement sans attendre des années. « Il s’agit d’un placement universel, répondant à tous les profils d’investisseurs, quel que soit leur patrimoine, leur situation familiale et leur goût du risque », ajoute Thaïs Castang.

Une réserve s’impose tout de même : une enveloppe liquide n’offre pas de rendement garanti. La liberté de retirer son argent ne se confond pas avec une promesse de performance.

La fiscalité se joue après huit ans

La souplesse de l’assurance-vie n’est pas dénuée de contrepartie fiscale. Pour optimiser la fiscalité, il vaut mieux attendre le huitième anniversaire du contrat.

À partir de huit ans, les gains bénéficient d’un abattement de 4 600 euros pour un célibataire et de 9 200 euros pour un couple. Au-delà, ils sont taxés à 7,5 % pour les versements jusqu’à 150 000 euros, puis à 12,8 % au-delà, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %. En cas de rachat avant huit ans, les gains sont imposés au prélèvement forfaitaire unique de 30 %.

L’assurance-vie ne promet donc pas une fiscalité plus douce que le PER à tous les coups. Elle offre d’abord de la liberté : celle de récupérer son argent quand le projet se présente pour un achat comme pour la retraite. Retrouvez aussi notre article sur le PER qui promet 1 200 euros cache aussi un fonds en euros à 4 %, un rendement plus solide que la prime.

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