Et si votre épargne retraite ne se débloquait pas d’un coup, mais pouvait continuer à travailler pour vos vieux jours ? C’est l’idée d’un Plan Épargne Dépendance, présenté comme un prolongement du PER.
La proposition est portée par Olivia Grégoire, députée Renaissance et ancienne ministre. Dans un rapport consacré à la croissance et à la transmission des TPE et PME, remis au Premier ministre à l’automne 2026, elle formule 26 propositions, dont la création d’un Plan Épargne Dépendance (PED).
Le but : continuer à faire fructifier son épargne après la retraite tout en anticipant les dépenses liées à une éventuelle perte d’autonomie. « Avec l’allongement de l’espérance de vie, la dépendance est devenue le risque le plus coûteux, le plus redouté et le moins anticipé », souligne le rapport. Le socle est déjà là : le PER a dépassé 10 millions de titulaires et 100 milliards d’euros d’encours fin 2023, selon le ministère de l’Économie, puis 150,4 milliards d’euros au 31 décembre 2025, d’après la Direction générale du Trésor.
Comment ce plan prolongerait votre PER ?
Le PED fonctionnerait comme un prolongement du PER. Au moment de débloquer votre épargne retraite, vous pourriez choisir de réinvestir tout ou partie du capital accumulé dans ce nouveau plan plutôt que de le sortir. L’épargne continuerait ainsi de fructifier après le départ à la retraite.
Autre argument mis en avant par Olivia Grégoire : le PED bénéficierait des « mêmes avantages fiscaux » que le PER, qui permet notamment de déduire les versements volontaires de son revenu imposable, sous conditions et dans certaines limites. Le rapport ne précise en revanche pas les modalités fiscales exactes qui s’appliqueraient au PED, surtout à la sortie. Découvrez notre article sur le PER domine l’épargne retraite, et pourtant 6 Français sur 10 n’en ont jamais entendu parler.
10 à 15 ans de blocage, et une épargne fléchée vers les PME
La contrepartie serait un blocage des sommes pendant 10 à 15 ans, soit approximativement entre 65 ans et 75 ou 80 ans, selon le scénario présenté dans le rapport.
Derrière l’objectif de dépendance, il y a aussi un enjeu de financement de l’économie. Plutôt qu’une épargne de précaution classique, les montants investis seraient prioritairement orientés vers les petites et moyennes entreprises, cotées ou non cotées. Le but : leur apporter des financements de long terme dont elles manquent pour se développer.
Ce choix ne serait pas sans risque pour les épargnants. Les entreprises non cotées exposent à un risque de perte en capital et à une liquidité réduite avant l’échéance. Le rapport prévoit donc une information sur ces risques et évoque une sécurisation progressive des investissements à l’approche du déblocage.
Une proposition, pas encore un produit
Ce Plan Épargne Dépendance n’est, pour l’heure, qu’une proposition. Sa création nécessiterait l’adoption d’une loi. Une proposition de loi serait en préparation, mais aucun calendrier de mise en œuvre n’est précisé dans le rapport.
Aucun épargnant ne peut donc souscrire ce produit aujourd’hui. Son avantage fiscal exact, sa date d’entrée en vigueur et sa probabilité d’adoption ne sont pas arrêtés. Votre PER actuel ne change pas : le PED est une piste législative à suivre, pas un placement à ouvrir. Retrouvez aussi notre article sur l’épargne retraite : entre les 26 % qui détiennent un produit et les 74 % qui en voudraient, il y a un fossé qui ne demande qu’à être comblé.
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