Le projet de loi de finances 2027 prévoit de ramener de 4 439 à 3 000 euros le plafond de l’abattement de 10 % appliqué aux pensions de retraite, et cette coupe peut augmenter l’impôt des retraités les mieux dotés.
La mesure figure dans le projet de loi de finances (PLF) 2027, examiné en parallèle du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Le gouvernement attend 1,2 milliard d’euros d’économies de cette réduction du plafond. Pour les retraités imposables, la note peut grimper dès l’année où la règle s’appliquera.
Le texte reste un projet. Il doit encore passer l’examen parlementaire, et une partie du budget a déjà été rejetée en commission. Rien n’est donc figé, mais la coupe visée touche cette fois un avantage fiscal, distinct de la revalorisation des pensions.
Un abattement de 10 % aujourd’hui plafonné à 4 439 euros
Les pensions de retraite, de réversion et d’invalidité ouvrent droit à un abattement de 10 % sur l’impôt sur le revenu. Cet abattement est encadré : un minimum de 454 euros par pensionné, et un plafond fixé à 4 439 euros par foyer fiscal.
Concrètement, l’abattement réduit la base imposable avant le calcul de l’impôt. Le plafond ne joue que pour les pensions élevées, celles dont les 10 % dépassent 4 439 euros. En dessous, le contribuable déduit 10 % de ses pensions, sans être freiné par le plafond. Retrouvez notre article sur la pension de base modeste mais pensions cumulées : pourquoi vous pourriez dépasser le seuil de 1 260 euros.
Le PLF 2027 rabote le plafond à 3 000 euros
Le projet de loi de finances 2027 prévoit d’abaisser ce plafond de 4 439 à 3 000 euros. Le gouvernement chiffre l’économie à 1,2 milliard d’euros. L’abattement resterait de 10 %, mais son maximum baisserait de 1 439 euros.
La coupe ne frappe pas de façon uniforme. Les retraités dont l’abattement reste sous 3 000 euros, c’est-à-dire ceux dont les pensions sont modestes ou moyennes, ne verraient rien changer. Ce sont les foyers dont les pensions cumulées dépassent environ 30 000 euros par an qui perdraient une partie de la déduction.
Qui paierait plus et à partir de quel montant ?
Seuls les foyers dont l’abattement atteint déjà le plafond actuel sont concernés. Pour eux, la base imposable augmenterait de la différence entre les deux plafonds, soit jusqu’à 1 439 euros de moins à déduire par foyer fiscal. Ce surplus est ensuite imposé au taux marginal de chacun.
Les pensions modestes restent à l’écart : tant que 10 % des pensions ne dépassent pas 3 000 euros, l’abattement ne change pas. La coupe est absorbée par les retraites les plus élevées.
Reste une inconnue de taille : le texte n’est pas adopté. La mesure peut être amendée ou retirée pendant le débat parlementaire. Le budget de la Sécurité sociale a déjà été rejeté en commission, et le gouvernement ne dispose pas de majorité à l’Assemblée nationale.
Cette coupe s’ajoute aux autres efforts demandés aux retraités dans le budget 2027 : le PLFSS prévoit plus de 5 milliards d’euros d’économies, avec une désindexation partielle des pensions de base et le remplacement de la majoration pour famille nombreuse par un forfait encore à définir. Retrouvez notre article sur 91 % des retraités aisés sont propriétaires, contre 48 % des plus modestes : à pension égale, le proprio vit mieux.
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