Pension complémentaire Agirc-Arrco : à partir du 1ᵉʳ novembre 2026, ce que la hausse de 1,4 % change vraiment sur votre relevé

Au 1ᵉʳ novembre 2026, la pension complémentaire Agirc-Arrco augmente de 1,4 %, et cette hausse ne s’applique qu’à la complémentaire, pas à la retraite de base.

Les partenaires sociaux ont trouvé un accord le 14 octobre 2026. Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco a acté une revalorisation de 1,4 % des pensions complémentaires à compter du 1ᵉʳ novembre 2026.

Cette décision concerne près de 14 millions de retraités du secteur privé. Elle intervient après une année 2025 sans revalorisation, le gel ayant été décidé faute d’accord entre syndicats et organisations patronales.

Ce que la hausse de 1,4 % change sur votre relevé

La hausse s’applique à la seule pension complémentaire, pas à la retraite de base versée par l’Assurance retraite. Pour un ancien salarié du privé, l’Agirc-Arrco complète la retraite obligatoire.

Le poids de cette complémentaire varie selon la carrière. Elle pèse lourd dans la pension totale de nombreux cadres, et moins pour les carrières aux rémunérations modestes. Une hausse de 1,4 % ne produit donc pas le même gain en euros pour tous.

Pour mesurer l’effet sur son budget, mieux vaut regarder le montant de sa complémentaire plutôt que d’appliquer le taux à l’ensemble de sa retraite. Le régime fonctionne par points : la valeur du point est gelée à 1,4386 € depuis le 1ᵉʳ novembre 2024, et elle le reste jusqu’au 31 octobre 2026, selon Meilleurtaux Placement. Découvrez notre article sur le plafond de 1,9 % est un maximum : la hausse Agirc-Arrco pourrait en réalité se limiter à 1,2 % pour 14 millions de retraites.

Une hausse proche du bas de la fourchette

Pour cette négociation, la hausse devait se situer entre 1,2 % et 1,9 %. Le compromis retenu, à 1,4 %, reste proche du bas de la fourchette.

Le régime fixe chaque année le taux de revalorisation en tenant compte de l’inflation et de l’évolution des salaires. La CFDT, la CFTC et Force ouvrière ont approuvé la revalorisation avec les organisations patronales, tandis que la CFE-CGC a quitté les discussions.

Leur soutien traduit un arbitrage : obtenir une hausse immédiate, même limitée, plutôt qu’une nouvelle année sans augmentation.

La CGT vote contre et dénonce une « volonté de punir les retraités »

La CGT, née en 1895 à Limoges, a voté contre. Son négociateur, Denis Gravouil, a qualifié le vote de « scandaleux » et dénoncé une « volonté de punir les retraités ».

Le syndicat réclamait 1,9 %, en estimant que les moyens financiers du régime permettaient d’aller plus loin. Il reproche au patronat d’avoir limité les possibilités de revalorisation.

Face à une pension moyenne de 1 705 euros bruts par mois en 2024, selon la Drees, la CGT juge la hausse insuffisante face aux dépenses des retraités. Une augmentation de 1,4 % n’efface pas à elle seule l’érosion du pouvoir d’achat.

La hausse du 1ᵉʳ novembre apporte un supplément de revenu aux 14 millions de retraités du régime. Son effet réel dépend du montant de chaque complémentaire et de l’évolution des prix dans les mois qui suivent. Retrouvez aussi notre article sur la pension complémentaire : les syndicats ne réclament pas seulement une hausse, mais aussi un rattrapage.

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